ChantalBerthiaume@Blog_Banlieue

Ah ! Comme Longueuil a neigé…
Est-ce que la neige est plus blanche à Longueuil qu’à Montréal ? 
Là où je reste, certainement. 

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La neige est d’autant plus blanche que le trajet s’allonge pour venir travailler à Montréal… On ne peut pas tout avoir. Faut trouver des compensations. Donc, je regarde la neige, la scrute, l’admire, l’apprécie, crée des liens fraternels avec elle. Je l’écoute tomber, me repaît de son silence. Le temps s’étire comme une couverture de flocons et je le regarde se cristalliser dans ma vitre.

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Tout l’hiver, la neige a avancé et reculé sur mon balcon qui tenait lieu de plage. Je me laisse hypnotiser comme devant la marée, le ressac. Avec ses vagues de froid. Ses fronts chauds. Et son soleil, maintenant, qui se donne des airs de printemps. Petit baveux. Agace.

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J’épie le temps, me tapie dans ses recoins pour qu’il oublie d’avancer. Pour que ses beautés passagères prennent racine chez moi. Pour un instantané qui le fera encore résonner la nuit venu. Tout ce temps qu’on accapare, qu’on investit, en est de gagné sur celui qui fuit.

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Je photographie le temps qui fond. Pour le voir couler lentement. Colmater les fuites. L’hiver prend l’eau de toute part. Il faut apprendre à flotter avec lui.

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Je regarde la blancheur de la neige comme si la pureté du monde y logeait. Fugace et fugitive. C’est maintenant la marée descendante.

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Les empreintes éphémères sur la plage entre deux passages.

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Tiens, déjà la printemps! L’hiver va son chemin. Ouste gamin, petit garnement, on t’a assez vu! Tu pars pourtant en volant une saison. Tes culottes ne te feront plus l’hiver prochain. Faudra te trouver d’autres vêtements pour te tenir au chaud. Salut, je dois maintenant aller rejoindre l’autre qui te remplacera, le temps d’un printemps. L’autre qui voudra bien jouer avec moi à étirer le temps.

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DES FÊTES À 5 SOUS

PARESSÉ au lit en compagnie de Philippe Desrosiers. Je l’aime pour l’ensemble de son animation à la radiocanadienne (dès 9h). Le ton juste. Juste ce qu’il faut et tout ce qu’il faut. Sa définition du BOXING DAY :  le jour où on se boxe… Suave, non !

INTERROGÉ sur le remplissage des médias pendant les fêtes avec des questions abyssales comme : Noël est-elle devenue une fête commerciale? Ceci énoncé avec beaucoup d’émotion entre 22 pubs télé ou coincée entre deux mégas pavés de promos miracle dans le journal… Le seul palliatif proposé au Noël commercial est de revenir au Noël chrétien…  Si notre frénésie et nos compulsions à consommer ont dépouillé la Fête de Noël de sa religiosité, nos pères de l’Église (bien avant le Père Noël), eux, ont volé, détourné et récupéré le sens originel des fêtes païennes entourant le solstice d’hiver. La renaissance de la lumière après la grande nuit. 

ADORÉ toutes les lumières de Noël, les illuminations et les projections qui ont croisé mon regard et tout particulièrement les humbles lumières étendues puis ensevelies sur ma rampe de balcon. Pour à peu près 5 sous par jour. C’est mon Noel à 5 sous, mes Fêtes païennes que j’exhibe au péril de ma liberté…

REÇU de mon C.A. de copropriétés une interdiction écrite d’installer quelques décorations de Noël que ce soit sur mon balcon (partie commune à usage privatif…). Mon balcon trône à l’arrière de l’édifice directement dans le bois où j’ai revu mes amis chevreuils, les deux mêmes bambis, cette fois sans leur mère. J’ai fait un boucan du diable pour les attirer en tendant ma main devant moi. Le plus téméraire des deux a marché résolument vers moi et est venu blottir sa truffe dans ma mitaine. On pourra désacraliser cette rencontre en prétextant que le petit pensait tout bêtement y trouver de la nourriture. Moi, je préfère croire qu’il est venu me remercier d’éclairer si joliment la forêt qui l’héberge.

DÉFIÉ cette interdiction d’éclairer la forêt au risque de recevoir une mise en demeure. Je veux bien rester dans ma demeure pour admirer la vie qui passe et mes lumières à 5 sous.

DES FÊTES À 5 SOUS


PARESSÉ au lit en compagnie de Philippe Desrosiers. Je l’aime pour l’ensemble de son animation à la radiocanadienne (dès 9h). Le ton juste. Juste ce qu’il faut et tout ce qu’il faut. Sa définition du BOXING DAY : le jour où on se boxe… Suave, non !

INTERROGÉ sur le remplissage des médias pendant les fêtes avec des questions abyssales comme : Noël est-elle devenue une fête commerciale? Ceci énoncé avec beaucoup d’émotion entre 22 pubs télé ou coincée entre deux mégas pavés de promos miracle dans le journal… Le seul palliatif proposé au Noël commercial est de revenir au Noël chrétien… Si notre frénésie et nos compulsions à consommer ont dépouillé la Fête de Noël de sa religiosité, nos pères de l’Église (bien avant le Père Noël), eux, ont volé, détourné et récupéré le sens originel des fêtes païennes entourant le solstice d’hiver. La renaissance de la lumière après la grande nuit.

ADORÉ toutes les lumières de Noël, les illuminations et les projections qui ont croisé mon regard et tout particulièrement les humbles lumières étendues puis ensevelies sur ma rampe de balcon. Pour à peu près 5 sous par jour. C’est mon Noel à 5 sous, mes Fêtes païennes que j’exhibe au péril de ma liberté…

REÇU de mon C.A. de copropriétés une interdiction écrite d’installer quelques décorations de Noël que ce soit sur mon balcon (partie commune à usage privatif…). Mon balcon trône à l’arrière de l’édifice directement dans le bois où j’ai revu mes amis chevreuils, les deux mêmes bambis, cette fois sans leur mère. J’ai fait un boucan du diable pour les attirer en tendant ma main devant moi. Le plus téméraire des deux a marché résolument vers moi et est venu blottir sa truffe dans ma mitaine. On pourra désacraliser cette rencontre en prétextant que le petit pensait tout bêtement y trouver de la nourriture. Moi, je préfère croire qu’il est venu me remercier d’éclairer si joliment la forêt qui l’héberge.

DÉFIÉ cette interdiction d’éclairer la forêt au risque de recevoir une mise en demeure. Je veux bien rester dans ma demeure pour admirer la vie qui passe et mes lumières à 5 sous.

C’est cette dernière journée chaude, égarée au cœur de novembre, que j’ai retrouvé ma petite famille de chevreuils pique-niquant tout relax à l’autre bout du parc. Je me permets ce petit possessif parce que nous nous connaissons. Ils ont squatté ma cour tout l’été et j’ai longuement devisé avec eux au temps caniculaire. Mais quand la bise fut venue et que la débroussailleuse des hautes herbes fut passée par là, ils se sont poussés aux antipodes du parc, sans doute à la recherche d’un squatt beaucoup plus dru et chevelu.

Parlant d’antipodes, avez-vous déjà remarqué combien la tête du chevreuil ressemble à celle du kangourou? Comme si Mère Nature avait jeté les mêmes semences partout, mais qu’en Australie, elles avaient davantage rebondi sur un sol plus sec et plus torride. D’où les sauts prodigieux du kangourou, mais avec une tête de chevreuil.

Je les ai donc reconnus entre tous, la maman et ses deux faons, malgré la disparition de leurs tâches blanches (qui ne durent que 2 mois) sur leur pelage. Ils m’ont aussi reconnue. Comment vous expliquer cette certitude sans passer pour une prêtresse New Age? Désolée, ça se voit tout bêtement dans le regard, c’est tout.

Bivouaquant à vue du sentier (comme si l’Office du tourisme leur payait des redevances pour faire les jolis dans le bois), ils n’ont pas bronché d’un poil à mon approche. Seulement leurs oreilles, comme des antennes voulant syntoniser toutes les fréquences de ma présence fort sonore.

C’est ma façon. Et c’est ainsi qu’ils me reconnaissent. Même en ne me lavant plus, je n’arrive pas à sentir le chevreuil. Je leur parle donc et leur fait le même théâtre que lorsque j’explique à mon chien le sens de la vie (un cas psychiatrique pour ceux qui n’ont jamais eu de chien). Je voulais leur signifier que j’étais trop innocente pour être un prédateur. Que je ne pouvais pas les considérer comme des proies alors que moi-même j’étais en proie à une sorte de délire animalier. Que j’étais de la même race qu’eux. Moi aussi je rumine, parfois.

Et ça a marché. Ils ne sont pas partis. Je me suis approchée jusqu’à six pieds d’eux. Je me suis assise là, et on a jasé. Du bonheur de profiter de cette douceur du temps, de cette bouffée de chaleur survenue comme un hoquet aux portes de l’hiver. De leur liberté… De notre vulnérabilité.

Mes chevreuils savent bien, eux, que le seul prédateur qu’ils ont à craindre est la froidure de l’hiver. Mais il rigole maintenant parce que leur maman leur a dit que mon pays ce n’est pas un pays et que ce n’est même plus l’hiver, malgré ce qu’en dit le poète.
Et moi, ai-je pensé, quels sont les prédateurs qui menacent ma quiétude?

Et c’est là, que mon jeune ami s’est levé, s’est étiré lentement, complètement… et qu’il a évacué consciencieusement toute sa grappe de rumination.

On repassera pour la complaisance édificatrice de Walt Disney!